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  • Bénin les Pratiques du vaudou

    Pratique du vaudou au Bénin

    Le culte vaudou au Bénin…

    Les Béninois sont très croyants. Les deux religions pratiquées majoritairement sont le catholicisme et l’islam. Partout dans les villes et villages, on peut trouver des églises et des mosquées. La religion est célébrée avec beaucoup de joie et d’enthousiasme. J’ai été surprise de constater que les gens de différentes religions vivent paisiblement l’un à côté de l’autre, et se traitent avec beaucoup de respect et de tolérance, une chose qui semble être beaucoup plus difficile en Europe.
    Mais les Béninois restent également fort attachés aux religions traditionnelles, comme le culte du vaudou. Si nous entendons parler de vaudou, nous avons tendance à l’associer à la sorcellerie, à la magie noire…mais j’ai du constater que le culte vaudou est fortement ancrée dans la vie sociale et quotidienne des Béninois. Il s’agit d’une religion animiste qui trouve ses racines au Bénin et demeure un culte pratiqué par une grande majorité des Béninois. Ce culte attribue une âme à chaque chose, l’âme n’est pas seulement humaine, mais c’est une forme de vie qui réside dans chaque être qu’il soit humain, animal ou végétal. Le culte du vaudou est très ancien, il est lié à une mythologie très riche et est pratiqué différemment selon les pays, les ethnies ou les communautés. Pour moi, il est ainsi très difficile de comprendre ce phénomène dans toute sa complexité.
    Le Dieu suprême du vodou est le couple Mawu-Lisa, jumeaux nés de Nana Buluku, la grand-mère cosmique. Ils sont réciproquement les dieux de la lune et du soleil. Mawu, la lune, incarne le principe féminin. Elle est la déesse de la nuit, de la sagesse et de la connaissance. Lisa, le soleil, représente quant à lui le principe masculin. Il contrôle le déroulement des jours, et détient la force et le pouvoir qui soutient le monde.
    Le couple Mawu-Lisa est difficilement accessible, ainsi les vaudounsi (les adeptes du vaudou) entrent en contact uniquement avec les divinités vaudous, qui sont les représentants de Mawu-Lisa et qui sont chargés de tâches bien spécifiques. Hêvioso, par exemple, qui est représenté par un bélier, est le Dieu du tonnerre et est présent dans l’ensemble des phénomènes atmosphériques ; Dangbé, le Dieu de la fécondité ; Agbe ou Hou, la divinité de la mer ; Ougoun, le protecteur des forgerons et de ceux qui partent à la guerre ou encore Toxosu, le roi des eaux… Il y a des divinités principales, mais chaque famille (village), clan, corporation,… honore ses propres divinités.
    La relation avec les divinités vaudou est établie au cours de cérémonies et de rituels accompagnés de chants, de danses ainsi que prières afin d’entrer en contact. Des offrandes sont également apportées aux fétiches, qui sont les représentants abstraits des divinités vaudou. En effet, par les prières et les sacrifices offerts à la divinité, cette dernière va procurer des bienfaits à celui qui la sollicite (de bonnes récoltes, une nombreuse descendance, la guérison…).
    A travers ces prières, chants et danses, certaines personnes aboutissent dans une sorte de transe, qui est la manifestation la plus spectaculaire de la communication qui s’établit entre l’individu et la divinité. Ils pensent que lors de cette transe, les dieux ou les esprits des ancêtres se glissent dans le corps des croyants.
    Sur les marchés et dans les rues des villages et des villes, on voit souvent des vendeuses et vendeurs d’objets vaudou, appelés « grigris ». Il s’agit en général de petits cadavres d’animaux et d’oiseaux séchés, des crânes, des peaux, des os d’animaux (chiens, chats, singes, rats, moutons par ex), différentes racines, feuilles…pour visionner le film, cliquer sur ce lien: Film sur les « grigris »
    Les gens utilisent ces objets comme une sorte de talisman qui protège leur famille et leur maison contre des mauvais sorts. Lorsque j’ai vu les objets pour la première fois sur le marché, j’ai été un peu choquée : les crânes et les peaux ont une odeur très particulière et attirent beaucoup de mouches et insectes. Mais je me suis vite rendue compte qu’ils font partie de l’image de tout marché béninois.
    Pour vous donner une idée sur le culte vaudou en général, vous pouvez visonner ce film sur youtube en cliquant sur ce lien :Film sur le culte vaudou au Bénin – National Geographic Channel
    Les « guérisseurs vaudou » ont également une place très importante dans la société béninoise. Lors d’une activité de sensibilisation du CDTUB dans un village de Sedge-Denou, j’ai eu l’honneur de rencontrer un guérisseur traditionnel. Il m’a montré son « cabinet », une petite cabane remplie de bouteilles et de plantes séchées. Il m’a expliqué que les gens viennent le voir quand ils sont malades car ils pensent que ceci résulte d’une malédiction, de la sorcellerie ou d’un mauvais sort. Le guérisseur traite les blessures et maladies avec des feuilles et des plantes et tente, à travers la prière, de libérer le malade du mauvais sort.
    Beaucoup de gens pensent que la guérison d’une maladie appartient aux puissances sacrées. Ainsi beaucoup de personnes préfèrent d’abord aller voir un médecin traditionnel avant de recourir à la médecine scientifique qu’ils appellent « la médecine des blancs ».
    Un changement de mentalité n’est pas facile. Pourtant c’est très important, principalement dans la lutte contre l’Ulcère de Buruli. Beaucoup de patients du CDTUB ont attendu trop longtemps avant de se rendre chez un médecin, et le traitement de la maladie est ainsi beaucoup plus difficile et plus compliquée puisqu’elle se trouve à un stade déjà avancé. C’est pourquoi la sensibilisation de la population par rapport à l’Ulcère de Buruli est très importante, les gens doivent comprendre que l’ulcère de Buruli n’a rien à voir avec de la sorcellerie et qu’ils doivent se rendre dès l’apparition des premiers symptômes chez un médecin du CDTUB afin d’éviter de lourdes interventions chirurgicales.
    Jusqu’à présent je n’ai pas eu l’opportunité d’assister à des cérémonies de vaudou, qui se font rarement en grand public. Le 10 janvier de chaque année est la journée du vaudou et je suis très curieuse de voir comment les Béninois célèbrent cette journée.
    Elisabeth
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